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Blog de Daniel Guillon-Legeay - Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

08 Mar

Sur « la désinstruction nationale » de René Chiche

Publié par Daniel Guillon-Legeay

 

 

Je tiens à saluer le livre et le geste de René Chiche. Le livre, d’abord, car je suis d’avis que La désinstruction nationale[1] pose des questions importantes - quoique dérangeantes - sur l’état de l’école, l'un des joyaux de notre République, véritable socle de notre culture. Parmi toutes les questions abordées dans ce livre, celle concernant l’autorité me paraît décisive car elle englobe toutes les autres, comme le fait observer René Chiche : « La désinstruction n’est qu’une des manifestations spectaculaires d’une crise de l’éducation, d’une crise l’autorité, et notamment de l’autorité républicaine » (p. 153). Qu’est-ce en effet qu’une école qui renonce à incarner et à assumer les figures de l’autorité aux yeux des élèves et, plus largement, de la société ? Le geste de René Chiche procède d'une intention clairement affichée : appeler à un sursaut national capable de remettre l'école sur ses pieds. En mes qualités de professeur de philosophie, de citoyen, de père et d’auteur de blog, je tiens à apporter ma contribution à ce combat en faveur d’une instruction publique. Toutefois, j’avertis d’emblée que je n’entends pas proposer ici un compte-rendu objectif de son ouvrage ; à côté des convergences qui nous rapprochent, René Chiche et moi, je veux faire voir aussi les divergences. On connaît le mot d’Aristote : « Platon m'est cher, mais la vérité m'est encore plus chère. »

 

 À question simple, réponses complexes

 

La désinstruction nationale se développe à partir d’une interrogation très simple : comment se fait-il que de plus en plus d’élèves, après qu’ils ont passé douze ou quinze années sur les bancs de l’école, en ressortent incapables de lire, d’écrire et de s’exprimer dans une langue correcte ? René Chiche n’affirme pas que ce phénomène de « désinstruction » touche tous les élèves, mais qu’il touche de plus en plus de bacheliers. Quoiqu’il en soit, ce fait honorable (la réussite, voire l’excellence des uns) peut-il occulter cet autre fait consternant (l’état de quasi-illettrisme des autres) ? Comment ne pas s’interroger, en effet, sur la responsabilité de l’institution, ni éprouver de la tristesse pour des élèves admis en classe terminale, lorsqu’on lit des copies qui se signalent par l’indigence de leur langage ainsi que par la pauvreté de leur contenu ? Et comment peut-on laisser croire à de tels élèves, sinon à la faveur d’une formidable imposture, qu’ils sont armés pour aborder les études supérieures ? « L’école ne peut pas tout, rétorquera-t-on. Certes. Mais si l’on parvient jusqu’à l’université en ne sachant presque pas écrire et en ayant toujours les plus grandes peines à lire, il faut bien expliquer cela. L’éducation nationale ne peut fuir ses responsabilités, quand bien même il ne faudrait pas les exagérer » fait remarquer René Chiche (p. 21). On voudrait nous faire accroire qu’il ne s’agit là que d’un phénomène marginal ; or, il n’en est rien. Année après année, nous autres, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, sommes forcés de faire ce triste constat. Ce phénomène touche des élèves issus de tous les milieux, favorisés comme défavorisés.

 

Comment « expliquer cela » ? Tout au long de son ouvrage, l’auteur s’attache à identifier les causes de ce mal qui gangrène l’école, à en décrire les mécanismes et à renvoyer chacun à sa part de responsabilité dans ce qu’il nomme la désinstruction nationale. Je me borne ici à rappeler les causes les plus saillantes. La suppression du redoublement. La diminution constante des heures d’enseignement disciplinaire (notamment en français). La dégradation des conditions de travail des enseignants : sur le plan matériel, le manque de moyens, les classes surchargées… ; sur le plan moral, le manque de soutien de la hiérarchie, la souffrance des enseignants pouvant conduire jusqu’au découragement, voire au suicide…. La conception de programmes scolaires insensés par des bureaucrates, et leur mise en œuvre au forceps, sans concertation avec le corps enseignant. Etc.

 

Pour ce qui est des responsabilités, elles sont nombreuses, croisées et partagées ; l’auteur affirme que la démission est collective, qu’elle se reconnait dans le refus démagogique de l’autorité à l’école : « La République ne fait plus observer la discipline dans les écoles de peur d’être trop sévère ; elle renonce à faire respecter la grammaire et l’orthographe de peur d’être trop élitiste ; elle délivre des diplômes en chocolat... » (p.159). Je crois en effet que là se trouve le cœur du problème qui affecte l’école… Et c’est pourquoi René Chiche parle de « désastre » : « L’école a renoncé à accomplir sa mission fondamentale, celle d’instruire les élèves » (p.16) ; et plus loin encore, il enfonce le clou : «L’école n’instruit plus, voilà la vérité simple et scandaleuse à la fois » (p. 246).

 

Je laisse aux lecteurs, aux lectrices, le soin de découvrir le détail des analyses conduites par René Chiche, dont certaines que je trouve très pertinentes. Je songe notamment à celles qu’il consacre au rapport consubstantiel entre le langage et la pensée (chapitre 2), à l’apport inestimable de l’étude du grec et du latin pour la maîtrise de la langue française et pour la compréhension de notre culture (chapitre 3) ou encore, à la nécessité d’expliquer le concept de laïcité (c’est le très beau chapitre 6 consacré au Traité théologico-politique de Spinoza). Sur ce point qui me tient à cœur, je veux insister : pour tout professeur de philosophie, ce texte de combat revêt une valeur toute particulière. Car Spinoza établit, nous rappelle René Chiche, que « la faculté de penser est un droit naturel inaliénable, et que nulle autorité, qu’elle soit religieuse ou politique, ne peut entreprendre de limiter sans dommage pour elle-même » (p.103). Pour ma part, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, j’avais publié (sur mon blog et sur le journal en ligne iPhilo) un article, État, liberté et laïcité, consacré au Traité théologico-politique, sur la défense de la laïcité et contre le fanatisme religieux. Je vous renvoie également, sur le même sujet mais sous un autre angle, à un autre de mes articles Critique de la superstition avec Spinoza (également paru sur iPhilo)

 

Car là se trouvent l’intérêt et la force de La désinstruction nationale : son auteur ne sépare pas sa démarche de citoyen engagé des exigences intellectuelles liées à son métier de professeur de philosophie. Dès son origine, en tout cas depuis Socrate, Platon et Aristote, la philosophie ne cesse en effet de poser la question de l’éducation de la jeunesse telle qu’elle doit l’être, à savoir comme une question politique, au sens fort et originel de ce terme (qui concerne le gouvernement de la Cité). Il s’agit en effet de former l’homme et le citoyen. Et, de fait, si un bachelier peine à former et à exprimer une pensée structurée, qu’en sera-t-il du citoyen qu’il est appelé à devenir ? Tel est le premier devoir de l’école : apprendre à tous les élèves à lire, à écrire et à s’exprimer correctement en langue française.  Assurément, comme le soutient René Chiche, « aucun élève ne doit quitter l’école sans savoir convenablement lire et écrire » (p. 247).

 

Un homme en colère

 

Sur ces points essentiels comme sur bien d’autres, je suis d’accord avec René Chiche. Pour autant, je ne puis adhérer à toutes ses affirmations et démonstrations ; et surtout, je ne puis admettre ni l’optique générale de l’ouvrage ni davantage le choix de certains termes. Le défaut du livre réside dans son allure de réquisitoire contre l’institution. Il apporte à ses accusations des éléments de preuves tangibles dont certains sont très convaincants. Mais tout occupé à montrer « les graves dysfonctionnements qui affectent l’éducation nationale » (p. 11), il oublie d’en faire voir également les réussites ; or, à l’échelle de notre pays, elles ne sont pas minces ! Ce déséquilibre nuit à la démonstration : non dans sa véracité, mais dans son extension.

 

Certes, je comprends la légitime colère de René Chiche ; je la comprends d’autant mieux que je la ressens également. Pour autant, je refuse de me laisser aveugler et guider par cette colère (mauvaise conseillère comme chacun sait...). Ainsi, je pense que les termes de « désinstruction », de « saccage de l’école » (p.66) et de « crime contre l’humanité » (p.11) sont fort inappropriés pour désigner de manière rigoureuse et efficace le problème posé. Les deux premiers induisent en effet l’idée d’une destruction intentionnelle et délibérée par celles et ceux qui sont en charge du devenir de l’institution scolaire ; a fortiori, je crois préférable de rapporter le concept de « crime contre l’humanité » au cadre juridique qui est le sien, et au contexte affreux qui l’a vu naître, à savoir les abominations de la guerre. Le bon usage de la langue commence là. En outre, quand il s’agit de susciter un débat démocratique clair et efficace au sujet de l’école, je suis convaincu que ce n’est pas la bonne méthode.

 

Au cœur de l’école républicaine, deux écoles de pensée

 

La désinstruction nationale : derrière cette formule percutante, René Chiche renvoie, en fait, à un conflit ouvert qui déchire l’école depuis des décennies. En l’occurrence, je crois qu’il convient d’expliquer certaines choses très importantes aux personnes qui ne sont pas du métier. Pour faire simple, disons que devant nos yeux se rejoue à nouveaux frais la querelle des Anciens et des Modernes.

 

D’un côté, on trouve les « hussards noirs de la République », les défenseurs de l’instruction publique, attachés à la transmission du savoir (en somme, la majorité silencieuse des enseignants auxquels l’ouvrage est dédié). Je rappelle que la notion d’instruction (du latin « instruere » : disposer, bâtir) désigne l’action de transmettre des connaissances pour former le jugement, cultiver l’esprit, c’est-à-dire à constituer une éducation par la raison et, ipso facto, pour lutter contre l’ignorance, terreau de toutes les servitudes. C’est l’école de Jules Ferry et, bien avant lui, de Condorcet, de Victor Hugo, de Montaigne, ou d’Erasme !

 

De l’autre côté, on trouve les partisans d’une école ouverte sur le monde, plus soucieuse de l’épanouissement de l’élève que de la transmission des connaissances. D’où l’idée, défendue par les partisans des « sciences de l’éducation », de placer « l’enfant au cœur du système », de le rendre « acteur de son savoir », etc… Ils posent la question de savoir si l’on peut encore enseigner, en ce début de 21ème siècle, comme on enseignait au 19ème siècle ? Cette question concerne aussi bien les contenus que les méthodes pédagogiques. Or, elle mérite d’être posée et reconsidérée, si l’on prend en considération ces deux faits majeurs : la massification de l’enseignement depuis quarante années et l’arrivée du numérique partout dans nos sociétés post-industrielles. Comment l'école pourrait-elle ne pas se préoccuper des potentialités et des dangers du numérique ? Et si elle ne le fait pas, qui le fera ? Personne. Ou les GAFAM (acronyme utilisé pour désigner les géants du numérique : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Mais au prix de quelle servitude ? Et pour quelle société sous contrôle ?

 

Dans cet affrontement, René Chiche accuse les adeptes des sciences de l’éducation d’organiser sciemment la désinstruction nationale. Ces derniers, nous dit-il, ont pris le pouvoir au ministère de l’éducation au point d’imposer leurs conceptions modernistes dans la gouvernance de l’institution et jusqu’au cœur des programmes scolaires.

 

Pour ma part, à l’instar de René Descartes, « je ne saurais aucunement approuver ces humeurs brouillonnes et inquiètes, qui, appelées au maniement des affaires publiques, ne laissent pas d’y faire toujours, en idée, quelque nouvelle réformation [2]». Entre la valse des ministres à la tête de l’éducation nationale, l’entrechoc des réformes affichant l’ambition de « refonder l’École de la République», la mode des projets innovants tous azimuts, j’observe qu’on épuise les enseignants. On leur assigne des missions pour lesquelles ils ne sont ni préparés ni rémunérés, et on leur enjoint de délaisser celle pour laquelle ils ont été formés à l’Université, qui leur a été confiée par l’institution (après qu’ils ont été recrutés sur concours) et pour laquelle ils sont rémunérés : instruire les élèves, les faire accéder au savoir, à la culture. Or, si l’école n’assure pas cette tâche de former l’homme, qui d’autre le fera ? Personne.

 

Le sanctuaire de l’école

 

Je reviens à ma question : faut-il continuer à faire de l’école un sanctuaire maintenu, autant que possible, à l’écart des vicissitudes du temps et de l’inconsistance des modes ?

 

La position défendue par René Chiche est sans ambiguïté : « Une école digne de ce nom est une école qui instruit » (p. 28). Comme lui, je considère que, pour l’essentiel, le rôle de l’école est d’instruire les élèves, car « c’est par l’instruction qu’on prend authentiquement soin de l’être humain, par cette éducation qui a pour fin la culture » (p.11). L’école doit permettre à tous les enfants que la nation lui confie d’accéder à la culture de l’esprit, « activité par laquelle on prend soin de l’esprit en lui procurant tout ce qui est propre à le nourrir et à le fortifier » (p. 246).

 

Comme René Chiche, je considère que la finalité de l’école, c’est l’instruction et non l’utilité, la formation de l’esprit et non la préparation à un métier. On pourrait toutefois objecter qu’il importe peut-être moins d’opposer ces deux finalités – l’instruction et l’utilité - que de les subordonner rigoureusement l’une par rapport à l’autre ; qui ne voit en effet qu’un élève maîtrisant sa langue et possédant des connaissances solides aura infiniment plus de chances de s’insérer dans le monde du travail que tel autre sortant de l’école en prétendant faire valoir son « bac à l’oréat » ? (sic).

 

Le terme grec « skholè » (d’où viennent les mots « école » en français, « school » en anglais, « schule » en allemand) signifie : temps libre, loisir consacré à l'étude ; il nous rappelle ce que doit être l’école, tout à la fois un lieu, une institution et un état d’esprit centrés sur la transmission du savoir tel qu’il s’est constitué au cours des siècles passés, dans toutes les disciplines. Car telle est la vérité historique de la constitution du savoir humain : « Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux.[3] ».

 

Homère. Sophocle. Hannah Arendt. Molière. Confucius. Simone de Beauvoir. Aristarque de Samos. Virgile. Marie Curie. Socrate. Virginia Woolf. Cicéron. Jane Austen. Molière. Voltaire. Shakespeare. St Augustin. Montaigne. Toni Morrison. Boccace. Marcel Proust. Racine. Nietzsche. Spinoza. Epicure. Alan Turing. Platon. Galilée. Césaire. Cervantès. Marguerite Yourcenar. Pascal. Einstein. Héraclite d'Éphèse. Thomas Mann. Voltaire. Descartes. Cocteau. Stefan Zweig. Lao Tseu. Aristote ... À quoi ressemblerait le monde si elles et s'ils n'avaient pas pensé et écrit ? Et nous, que serions-nous sans elles et sans eux ?

 

Non, on ne trouve pas le savoir sur Internet, mais seulement des informations, ce qui est bien différent ! Un élève peut lire des pages entières d’une encyclopédie (sur papier ou en ligne) et ne rien y comprendre du tout ! René Chiche rappelle à juste titre ce que signifie qu’enseigner : « enseigner, ce n’est point débiter un cours devant un public… Enseigner, c’est parler à des élèves... La pédagogie est un art, et le cours est une oeuvre, l’oeuvre commune du maître et de l’élève ». (p.111). Là est le rôle décisif du professeur, de la professeure : expliquer, reformuler, répéter, tracer un chemin, enseigner la méthode, mettre en perspective, établir des liens ; bref, faire œuvre de médiation entre les grands esprits des siècles passés et les esprits en herbe qui ont à s’orienter dans le monde présent.

 

Cela revient à prendre l’élève par la main pour le guider sur des sentiers qu’il n’aurait jamais pu explorer seul, en vue de l’aider à cultiver son esprit, à exercer la force de son esprit et à s’extraire du milieu familial, de la subjectivité, du nombrilisme, du règne de l’arbitraire, de la croyance et des dogmes. Pour ma part, je ne connais que trop bien les vertus du débat réglé avec une classe, la pratique du doute, la stimulation par la recherche et l’interrogation. En cela, Socrate reste pour nous un maître et un modèle d’éducation (voir mon article : Socrate, père de la philosophie). En pratiquant son art de la maïeutique (l’art de faire accoucher les esprits), il démontre avec un talent et une force incomparables que la vérité commence non pas à un, mais à deux. C’est dans et par le dialogue que s’engendre la vérité.

 

Du latin, du grec et de l’informatique à l’école

 

En 2016, lors de la très controversée réforme du collège, j’ai publié une lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem. J’y prenais la défense de l’enseignement du latin et du grec en des termes très proches de ceux de René Chiche. Mais j’abordais également une autre question, celle d’une possible et souhaitable conciliation entre l’enseignement des langues et civilisations antiques et celui de l’informatique. J’écrivais ceci : « C’est bien à tort que l’on oppose l’humanisme classique et l’innovation technologique. Chaque élève devrait pouvoir apprendre, en même temps, les trésors inestimables des langues et civilisations antiques et acquérir la maîtrise du code informatique et des algorithmes. Avec les humanités classiques, il s’approprie les fondements de son identité culturelle et acquiert une meilleure pratique de sa langue. Avec l’innovation technologique, il acquiert une compréhension intellectuelle et une maîtrise raisonnée des outils numériques qui lui ouvrent les portes de l’avenir ». Sur cette question du numérique à l’école, j’ai peine à suivre René Chiche. L’école peut-elle continuer comme si le numérique n’existait pas ? Je n’en crois rien, car il m’est donné d’observer – de très près même - des usages pertinents du numérique à l’école. Par exemple, ces logiciels qui apportent des aides aux élèves handicapés, ces plateformes numériques qui proposent des exercices pour améliorer son orthographe (le projet Voltaire), ou d’autres qui accompagnent les jeunes enseignants dans la préparation  des concours (la plateforme Magistère)... Les enjeux civilisationnels, politiques et économiques numérique sont immenses. Comme on le voit, toutes ces questions ne doivent être ni éludées ni traitées avec légèreté.

 

Réinventer l’instruction publique

 

Comment reconstruire l’école ? René Chiche propose la voie du bon sens. « Pour ce faire, commencer par revenir à l’exigence républicaine, simple et ô combien ambitieuse, d’instruire tous les élèves au lieu de les bercer d’illusion en leur faisant miroiter la promesse démagogique d’une réussite qui leur serait due » (p. 230). Repenser les conditions de travail des enseignants, augmenter leurs salaires, leur témoigner davantage de soutien et de respect lorsqu’ils sont injustement mis en cause, repenser la gouvernance de l’école, etc.

 

Je laisse au lecteur, à la lectrice, le soin de découvrir les pistes, indiquées par l’auteur susceptibles de conduire à la renaissance de l’école. Mais par delà les solutions concrètes que l’on peut avancer, il me paraît essentiel de rappeler que l’école de la République est avant tout l’affaire des citoyens et des citoyennes qui la financent par l’impôt ; elle est aussi celle des professeures, des professeurs et des élèves qui en font battre le cœur vivant et lui confèrent sa signification et sa valeur : la transmission du savoir au fil des générations. Pour paraphraser Georges Clémenceau, l’école est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiques !

 

Avec humour et non sans malice, une des mes amies a suggéré à René Chiche le titre de son opus II : La Réinstruction publique… J’ai trouvé cette idée excellente !

 

 

Remerciements

 

Je tiens à remercier chaleureusement mon épouse Catherine qui, par sa lecture attentive, ses remarques critiques et ses suggestions judicieuses prodiguées tout au long des différentes versions de ce texte, m’a permis de le faire aboutir.

 

[1] René Chiche, La désinstruction nationale, éditions Ovadia, Nice, 2019

[2] René Descartes, Discours de la méthode, 1637, seconde partie : Principales règles de la méthode (texte légèrement modifié)

[3] Sentence attribuée à Bernard de Chartres par Jean de Salisbury, reprise ensuite par Montaigne, Pascal et Newton dans le même sens.

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S
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.
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