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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

07 Jan

Ecrire pour exister et résister

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #Liberté, #iPhilo, #Philosophie, #POLITIQUE, #ETHIQUE, #Humanités classiques

Ecrire pour exister et résister

Pour fêter le troisième anniversaire de mon blog Chemins de Philosophie, je vous invite à entrer dans mon atelier. Pourquoi et comment en suis-je venu écrire ? Que signifie interagir avec ses lecteurs ? Petit coup d'oeil dans le rétroviseur. 

 

Troisième anniversaire de Chemins de Philosophie

 

Je suis heureux de fêter avec vous les trois ans de mon blog Chemins de Philosophie, et je tiens avant tout à vous remercier pour votre fidélité et vos commentaires depuis le commencement de cette aventure. Car, sans vous, elle n’aurait pas été possible. On a beau aimer l’écriture et accepter d’en payer le prix, à savoir la solitude ; il n’empêche que c’est dans l’engagement et le partage que la publication trouve sa récompense, tout particulièrement s’agissant d’un blog. Depuis sa création, Chemins de Philosophie enregistre un taux croissant de fréquentation de quarante-sept mille visiteurs, issus de tous les pays de la francophonie. En trois ans, il est passé d’une moyenne de six cents à quatre mille visites par mois. Et aussi, ce blog est devenu comme un compagnon fidèle pour moi. Il scrute - autant qu’il reflète - mes enthousiasmes et mes doutes, mes réussites et mes difficultés, mes états d’âme et mes prises de position. La vie d’un blogueur n’est pas un long fleuve tranquille !

 

Écrire pour exister et pour résister

 

Mais peut-être vaudrait-il mieux débuter par le commencement... Alors, me demanderez-vous, pourquoi m’être lancé dans pareille aventure ? Je vous répondrais tout simplement : écrire pour exister et pour résister. Et je suppose que ce doit être la bonne réponse, car c’est effectivement ce qui s’est produit pour moi ! Car l’acte d’écrire est tout, sauf anodin : il forme et il transforme son auteur. Ecrire, en effet, c’est tout d’abord prendre le risque d’une perpétuelle confrontation – tantôt jubilatoire, tantôt douloureuse - avec les mots et les structures que la langue met à notre disposition, et qu’elle nous charge en retour de recueillir, de faire vivre et d’assumer. S’agissant d’écrire de la philosophie, s’y adonner implique de se confronter à une foule de concepts et de doctrines léguée par l’histoire de la pensée, afin de clarifier les problèmes et de prendre position sur le monde. Ecrire et penser, c’est donner forme à de l’informe, car les pensées qui tourbillonnent dans notre esprit ne sont pas encore des pensées, précisément, tant qu’elles n’ont pas accédé à la forme épurée et objectivée du discours rationnel. Enfin, écrire est une épreuve qui vous confronte à plus grand que vous – oui, nous sommes assis sur des épaules de géants, comme dit Pascal, très justement - et cette épreuve se redouble d’elle-même du fait de la publication. Or, quand il s’agit de s’exposer au jugement des autres , il est parfois plus facile d’exhiber son nombril que sa pensée ! C’est d’autant plus vrai que nous vivons une période angoissante, car « le monde dans lequel nous vivons est le monde de l'incertain, de l'aléatoire, de la complexité » (Edgar Morin). L’acte d’écrire est aussi un acte de résistance contre l’oppression, la bêtise, le mensonge. Contre la folie qui gouverne le monde. Peut-être n’y a-t-il rien de nouveau dans mon propos ; il n’empêche qu’il faut le vivre pour en apprécier la force de vérité.

 

 

Le grand saut

 

Ceci étant posé, revenons à nous. Au moment de lancer Chemins de Philosophie, je sortais à peine d’une période « compliquée » (pour user d’un terme à la mode), sur le plan personnel et sur le plan professionnel. En raison de sérieux soucis de santé, je me trouvais contraint de renoncer à mon métier de professeur de philosophie, après vingt-cinq années d’exercice. Le choix d’un nouveau métier pour ma reconversion professionnelle n’était pas évident. Il se trouve que, depuis, l’institution scolaire m’a confié la charge d’une mission en communication web pour l’éducation. Mais la vraie difficulté pour moi était ailleurs : comment exercer un nouveau métier sans rompre le lien fort que j’avais noué avec la philosophie ? Dans ma tête, je ruminais le projet d’écrire un livre de philosophie. Mais la perspective de m’engager dans une tâche aussi interminable me décourageait, et même elle m’effrayait. Et puis, me disais-je, à quoi bon un énième bouquin sur Épicure, Montaigne, Spinoza ou Camus (mes maîtres à penser) ? C’est ma fille Charlotte qui m’a suggéré d’ouvrir un blog. Elle-même en tenait un sur l’équitation, et cela semblait du reste beaucoup l’amuser. Un blog ? Quelle folle audace ! Mais Charlotte – qui connaissait mon goût pour l’écriture – me fit voir l’opportunité d’explorer des voies nouvelles. Secondée par Catherine, mon épouse, et Valentine, ma seconde fille, elle sut se montrer opportunément convaincante. Cinq jours plus tard, Chemins de Philosophie arborait ses cinq premiers articles, dont quatre consacrés au merveilleux film d’Afonso Cuaron, Gravity.

 

Premiers succès pour Chemins de Philosophie

 

Au commencement de cette aventure scripturale et intellectuelle, je ne savais qu’une seule chose : je voulais continuer de transmettre la philosophie. Assez naturellement, j’ai fait mien ce mot d’ordre de Diderot : « Hâtons-nous de rendre populaire la philosophie ! ». Concernant la ligne éditoriale, je voulais apporter un éclairage philosophique sur diverses questions, certaines très actuelles, d'autres très anciennes (aussi vieilles que l'humanité, en fait) : la politique, l'art, la morale, l'existence, la mort, le désir, la liberté... L’important étant non pas de proposer à des étudiants en détresse un kit philosophique de survie, mais des chemins de philosophie à l’honnête homme, comme autant d'invitations à s’interroger sur le monde, d'une façon ouverte, libre et légère. Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, et qu’elle ne s'interdit aucune porte d'entrée. Par ce choix, je voulais essayer ma pensée en mouvement.

 

Ensuite, l’idée me plaisait bien d’écrire et de publier dans un style résolument clair et pédagogique. Mais je me devais encore de trouver le ton juste : ni trop relâché ni trop académique, un style qui fasse non seulement une part aux concepts et aux doctrines, mais aussi à la sensibilité et à la poésie. Or, rien n’est plus difficile ! Toutefois, à trois années de distance, et cent soixante articles plus loin, quand je jette un coup d’œil dans le rétroviseur, je crois y être parvenu, du moins en partie. Mais peut-être ne suis-je pas le mieux placé pour en juger ?.. Les faits montrent en tout cas que quelque chose s’est produit très vite, si je me réfère au succès qu’a connu mon texte paru en février 2014 : L’amitié selon Montaigne. Aujourd’hui encore, il compte parmi les articles plus visités sur Chemins de Philosophie. Un autre texte a également eu beaucoup de succès ; celui consacré à l’identité personnelle (à partir d’un texte de Pascal): Le moi: réalité ou illusion.

 

Prendre part au débat public

 

À l’occasion, je ne m’interdis pas non plus de prendre position sur des sujets de société. Je peux ainsi mesurer l’écho de ma parole dans le débat public, grâce au formidable relais offert par les réseaux sociaux, par le trafic qu’ils génèrent et les commentaires qu’ils suscitent. Trois textes comptent beaucoup pour moi. Celui dans lequel je m’insurge contre la suppression du latin et du grec au collège : Le latin et le grec, extrêmement autres, incroyablement nôtres. Vraiment, je ne m’attendais pas à un retentissement ; il a été ensuite publié sur le journal en ligne iPhilo, et repris sur sites de professeurs de langues et civilisations anciennes. De même mon article sur liberté des femmes : Mustang ou les figures de la liberté selon Nietzsche. Enfin, tout récemment, mon article sur le racisme, publié également sur iPhilo : L’ethnocentrisme, entre humanité et barbarie, ou le paradoxe du relativisme culturel (Claude Lévi-Strauss) ; il a rencontré un fort écho, et donné lieu à de très nombreux commentaires.

 

Pour autant, il ne m’est pas facile de consacrer à l’écriture le temps que je le voudrais ou qu’il le faudrait, compte tenu de mes autres priorités : mon nouveau métier, ma famille, mes amis. Alors, pour éviter de fâcher tout le monde, je m’efforce - du mieux que je peux - de mettre à profit mon temps libre (mes soirées, mes week-ends), dans le but de maintenir un rythme de publication régulier. Là est pour moi la vraie gageure, je dois bien l’avouer. Mais le travail d’écriture est si surprenant parfois ! Certains textes s'écrivent au fil de la plume, tandis que d'autres offrent une âpre résistance, exigeant du temps, de la patience, de la détermination, de la lucidité et beaucoup d'énergie ! Ce fut par exemple le cas pour des articles tels que L’esprit et le corps selon Spinoza et La grande santé. Ce qui me fait plaisir, c’est de voir qu'ils ont remporté, eux aussi, un vif succès.

 

Ma collaboration avec iPhilo

 

Ce succès d’estime (même s’il faut rester humble), il faut le dire, ne serait pas tel sans ma collaboration avec le journal en ligne iPhilo. Depuis qu’Alexis Feertchak, le créateur d’iPhilo, m’a proposé de publier certains de mes textes, le blog Chemins de Philosophie a acquis une audience, une visibilité et une légitimité fortes. C’est encore plus vrai depuis la rentrée de septembre où je rédige des textes sur les grandes pages de la philosophie, les Classiques de Philo, simultanément sur le blog et sur le journal. Je remercie Alexis très chaleureusement pour cette belle et fructueuse collaboration au service de la philosophie destinée au grand public.

 

Interactions

 

Le seul point qui me frustre, à propos de Chemins de Philosophie, reste cependant le nombre assez faible de commentaires laissés sur le blog. Je n’ignore pas les réticences de certains d’entre vous à poster un avis, mais je vous invite à les dépasser. Chacune de vos questions ou de vos remarques peut contribuer à éclairer le texte, voire à susciter la discussion. À défaut d’un avis de spécialiste, chacun peut dire ce qu’il a aimé ou non dans tel texte. C’est une indication précieuse et éclairante pour moi. Par exemple, avez-vous trouvé tel texte trop long ? ou trop difficile ? ou suffisamment clair ? intéressant ? Un passage vous a-t-il particulièrement touché ou intéressé ?

 

Perspectives d’avenir

 

En termes de perspectives, je vais poursuivre dans la voie tracée depuis la création de Chemins de Philosophie. Je prévois également certains changements, sur le plan technique, mais qu’il serait prématuré d’évoquer aujourd’hui. Ce qui est à peu près certain, c’est que je vais aussi sérieusement me pencher sur la question du format des textes. Pour cela, j’apprécierais que vous me donniez votre avis à ce sujet : vous paraissent-ils trop longs ou non ? Quel format vous semble intéressant compte tenu de vos habitudes de lecture, selon le lieu et le mode que vous choisissez : sur votre ordinateur de bureau? sur votre Smartphone ? à la maison ? dans les transports ?

 

En revanche, dès aujourd’hui, je suis en mesure de vous annoncer la publication, prévue pour le printemps prochain, sous format papier et sous format numérique, d’un livre composé de mes articles favoris ainsi que d’autres inédits ! Entre tradition et modernité (formule dont usent et abusent les offices de tourisme de la planète !) ou, si vous préférez, entre Gutemberg et Steeve Jobs, je veux réunir, fixer, préserver et valoriser ces textes sous une forme ramassée et plus facilement accessible. Un livre, quoi ! Rassurez-vous, je vous en informerai en temps utile. D’ici là, n’hésitez pas à me faire connaître vos avis et impressions sur mes textes ; je promets de vous répondre.

 

Je vous salue !

 

Daniel

 

Commenter cet article

Sophie 15/01/2017 14:07

Bonjour,
je viens de lire votre texte et je suis votre conseil : j'ose poster ce commentaire. Personnellement, j'apprécie beaucoup votre blog et je vous remercie d'avoir partagé avec nous son histoire. Professeur de culture générale, issue d'une formation littéraire, je suis moi-même "démangée" d'écrire et votre exemple est un encouragement précieux pour moi, même si j'avoue que ce qui me retient encore, c'est non seulement la crainte de l'exposition publique de mon propos, mais également le sentiment, parfois difficile à avouer, que j'ai d'abord besoin d'écrire pour moi, avant de partager avec les autres.
Merci donc pour votre sincérité. Il me reste à vous souhaiter bonne chance pour votre philocoaching dont je trouve l'idée très intéressante, ainsi que pour votre livre et la continuation de votre blog.
Quant à vos textes, et pour répondre à votre question, il est vrai qu'ils sont parfois un tantinet trop longs pour une passionnée qui vous lit entre deux préparations de cours et/ou de corrections de copies ;) ! Toutefois je ne saurai vous le reprocher tant je tiens à rester fidèle à cet adage que je ne cesse de répéter à mes étudiants : la qualité doit toujours primer sur la quantité, dans un sens comme dans l'autre ! Cordialement.

Guillon-Legeay Daniel 15/01/2017 19:39

Bonjour chère Sophie,

Je suis d'abord très touché par l'attention que vous portez à mon blog et la qualité que vous lui reconnaissez. Par ailleurs, je trouve très bien que vous preniez le temps, le soin et l'audace de poster un commentaire. Je vous en remercie.

De même, votre observation nuancée sur la longueur de certains de mes textes vient corroborer mon impression générale. D'ailleurs, le dernier texte que je viens de publier concernant le philocoaching témoigne de ce souci, et des options nouvelles que je pourrais mettre en oeuvre.

Enfin, je note votre désir d'écrire, d'oser écrire, et les freins qui vous retiennent de passer à l'action. C'est typiquement du domaine du coaching ! Après tout, pourquoi différer - au risque de le laisser s'étioler - un désir si particulier, si précieux ? Qu'est-ce que cela vous coûte et vous apporte de réfréner ce désir? C'est la première question à se poser. Faites appel à un coach ! J'en connais un très bien ;-)

Cordialement

DGL

Deprez 07/01/2017 17:33

Impatiente ;)

Cannelle 07/01/2017 15:46

Merci beaucoup pour ce partage! On attend la suite (le livre!!) avec impatience!

Daniel Guillon-Legeay 07/01/2017 16:54

Merci beaucoup chère Cannelle. Le livre est en cours de préparation. Je t'en tiendrai informée ;-)

À propos

Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.