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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

07 Sep

Silicon Valley: transhumanisme et techno-fascisme

Publié par Daniel Guillon-Legeay

Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace (1968)

Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace (1968)

En relation avec mes précédents articles consacrés à Rousseau et à Socrate, je vous renvoie à l'analyse que propose Nicolas Le Dévédec [1], parue dans le journal Le Figaro Vox sous le titre : « Fin des Lumières : bienvenue dans le meilleur des mondes transhumanistes » [2]. On le sait, le transhumanisme est un courant idéologique et économique né en Californie, dans la Silicon Valley plus précisément, qui entend transformer le genre humain par le biais des nouvelles technologies en repoussant toutes les limites de la condition humaine, celles de la mort y compris : « Changer l'être humain plutôt que changer le monde», telle pourrait être résumée la rupture introduite par le transhumanisme quant à la conception de la perfectibilité humaine. Il ne s'agit désormais plus tant d'améliorer la société et nos conditions de vie sociales par des moyens politiques, mais d'améliorer l'humain par des moyens technoscientifiques dans une optique adaptative »[3].

 

Tout ce qui est techniquement possible est-il moralement souhaitable?  La technologie peut-elle se substituer à la politique et à l’éthique ? L’être humain « augmenté » doit-il être regardé comme un avenir souhaitable ou, au contraire, comme un cauchemar à éviter ?  Autant de questions qu’il est urgent de se poser… Car « quand bien même l'augmentation humaine serait parfaitement libre et éclairée, l'égalité d'accès à ces technologies entièrement garantie et leur utilisation sans dangers pour la santé et la sécurité des individus, serait-elle en effet encore souhaitable? C'est notre conception philosophique de la perfectibilité humaine qu'il est nécessaire d'interroger ainsi que le modèle de société politique que recouvre le transhumanisme. En quoi l'être humain est-il au juste perfectible et pour quel projet de société? »[4] s’interroge Nicolas Le Dévédec qui, dans son article, apporte des éléments factuels susceptibles d’alimenter utilement notre réflexion sur le présent et l’avenir de l’humanité. 

 

Pour ma part, je ne doute pas qu’il soit nécessaire de lutter contre le transhumanisme techno-fasciste de la Silicon Valley et de réaffirmer l'humanisme hérité de la Grèce antique et des Lumières. Paradoxalement, à l'ère du numérique, Socrate demeure pour nous un modèle d'humanité.

 

[1] Nicolas Le Dévédec, professeur adjoint en Sociologie à HEC Montréal. Il est l'auteur de l'ouvrage La société de l'amélioration. La perfectibilité humaine des Lumières au transhumanisme (éd. Liber, 2015).

[2] Figaro Vox du 02/09/2016

[3] Ibidem

[4] Ibidem

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nevao 07/09/2016 12:51

Bonjour,
Laissons faire en encadrant peut être. Dans le cas contraire cela se fera de toute façon mais dans le secret.
Et, remettez la Grèce antique et les Lumières dans leur contexte.
Vous ne pourrez jamais arrêter la science.
Cdt

Daniel Guillon-Legeay 09/09/2016 11:21

C'est, je crois, faire preuve de beaucoup de naïveté que de penser que le marché des nouvelles technologies puisse se réguler tout seul. En outre, la Grèce antique et les Lumières nous ont livré un héritage qui, par sa visée (et non par son contexte), nous ouvrent le chemin de l'universalité et de l'humanisme. Quant à la croyance en l'inéluctabilité du progrès, elle n'engage que son auteur. Cordialement. DGL

À propos

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