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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

30 Aug

Classiques de Philo

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #Classiques Philo

Raphaël, L'Ecole d'Athènes (1508-1512), Musée du Vatican, Rome

Raphaël, L'Ecole d'Athènes (1508-1512), Musée du Vatican, Rome

 

Vous avez été nombreux, sur les réseaux sociaux, à répondre au questionnaire que j’avais proposé pour mieux connaître vos attentes. Je n’en suis pas surpris ; mais les réponses se sont assez équitablement réparties entre les trois types d’articles que je propose :

 

  1. En rapport avec l’actualité ;
  2. Les classiques de la philosophie ;
  3. Les voies de la sagesse.

 

Je vous propose - entre autres nouveautés sur ce blog... - la création d’une nouvelle rubrique intitulée: « Classiques de Philo ». Et comme j’ai le plaisir et l’honneur d’animer la même chronique sur le journal en ligne iPhilo, vous aurez, chères lectrices et chers lecteurs, l’avantage de pouvoir lire en primeur bon nombre de mes articles consacrés aux grands textes de la philosophie. Voici une raison supplémentaire de vous abonner à mon blog!  Mais arrêtons-nous un instant pour comprendre ce qui est en jeu.

 

Nous vivons dans un monde hyper-connecté. De ce seul fait, nous sommes rendus témoins du cours de l’Histoire en train de se faire, confrontés à une surabondance informationnelle et engagés dans des débats parfois complexes. Reconnaissons-le humblement : il n’est pas toujours aisé d’exercer notre jugement critique avec la réflexion, le recul et la sérénité nécessaires.

 

Il ne s’agit pas de proposer une histoire savante de la philosophie, mais bien plutôt de contribuer à parfaire la culture de l’honnête homme et à apporter un éclairage philosophique sur l’actualité. Souvent, des personnes me disent qu'elles n'osent pas se confronter seules avec les textes, en dépit de leur curiosité, car elles se sentent découragées par la technicité de ces derniers, ou par la complexité des problèmes qu’ils soulèvent. Les textes ont été choisis en fonction de leur importance historique, de leur apport conceptuel, de leur degré de lisibilité aussi. « La fonction de penser ne se délègue point » écrit le philosophe Alain[1]. Pour cette raison, le format retenu pour les articles de cette rubrique « Classiques de Philo » affiche une double exigence : tout d’abord, proposer des textes relativement courts, à la manière d’un panorama qui s’étend des présocratiques jusqu’à Hannah Arendt ; ensuite, accompagner la lecture des textes par un éclairage ciblé des concepts, des problèmes et des enjeux essentiels, plutôt que par un commentaire exhaustif.

 

Contrairement à ce qu’elle prétend, notre postmodernité ne se nourrit pas exclusivement d’une rupture consommée avec le passé. Pour que cela soit vrai, il faudrait que se vérifie le double postulat d’un changement radical de la condition humaine et d’une discontinuité entre les formes de pensée au fil des siècles. Or, il nous faut – en même façon que nos ancêtres - naître, vivre, aimer, travailler, vieillir et mourir. Et, aussi, il nous appartient de donner un sens à notre existence, notamment de construire notre humanité. La tâche est infinie et exaltante: "Il n'est rien si beau et légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie; et de nos maladies la plus sauvage, c'est mépriser notre être »[2] nous dit Montaigne. Ensuite, nous pouvons tirer de l’histoire de la pensée un enseignement précieux.  L’avènement de la pensée rationnelle (le Logos), qui se produit entre le 7ème et le 5ème siècles avant J.C, en Grèce et sur le pourtour de la Méditerranée, est un fait majeur qui continue d’irriguer notre culture et notre compréhension du réel. Dans sa « Prière sur l’Acropole », Ernest Renan parle de « miracle grec ». La notion de « miracle » est certes discutable, mais elle dit cependant quelque chose de vrai, quand elle désigne « une chose qui n’a existé qu’une fois, qui ne  s’était jamais vue, qui ne se reverra plus, mais dont l’effet durera éternellement »[3]. Car avec la philosophie présocratique, puis la floraison des grandes écoles (l’Académie de Platon, le Lycée d’Aristote, le Jardin d’Epicure, le Portique des Stoïciens, le scepticisme de Pyrrhon d’Elis, la sophistique…), les cadres conceptuels communs à la philosophie et aux sciences vont se mettent en place. La philosophie grecque va durablement fixer les grands domaines de l’interrogation philosophique : la métaphysique, la politique, l’éthique, la physique, la logique... Or, ces cadres conceptuels demeurent encore largement les nôtres.

 

Paradoxalement, nous dit Platon, la compréhension d’un problème qui se donne pour urgent peut requérir « un long détour », celui-là même auquel vous convie la rubrique « Classiques de Philo ».

 

 

Daniel Guillon-Legeay.

 

 

 

 

[1] Alain, Propos I, 5 mai 1931.

[2] Montaigne, Essais, III, 13 (De l'expérience)

[3] Ernest Renan, « Prière sur l’Acropole, souvenirs d’enfance », II, Revue des deux mondes, 1876

 

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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.