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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

01 Jul

Michel Onfray, un anticonformiste de système

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #Onfray, #iPhilo

Michel Onfray, un anticonformiste de système

 

En réponse à l'article très intéressant de Robert Redeker paru dans le journal Iphilo , sous le titre: "Onfray, ce pelé, ce galeux, ce Phénix matérialiste".

 

Pour ma part, je n’ai jamais trop apprécié les quelques livres d’Onfray qu’il m’est arrivé de lire: quitte à m’intéresser à la critique des morales et du nihilisme et surtout à la grande santé que confère la liberté de pensée, je préfère de loin lire et relire le grand Nietzsche. Ah, la vertu tonique du Gai Savoir ! Ou, plus près de nous, s'il s'agit de se plonger dans la grande tradition du matérialisme inaugurée par Démocrite, Epicure et Lucrèce, je préfère de loin relire André Comte-Sponville (notamment son Traité du désespoir et de la béatitude) 1, une oeuvre profonde, sereine, exempte des grelots, des raccourcis, des phrases choc et des feux d'artifice qu'affectionne tant Michel Onfray.

 

Il n’empêche. Je trouve fort bien que, dans son article, Robert Redeker prenne la défense de Michel Onfray, cet intellectuel de haut vol qui ne transige pas avec ce qu’il croit être vrai, qui joue avec les médias autant pour asseoir sa posture d’anti-conformiste que pour bousculer la bien-pensance insipide de cette gauche technocratique et inculte. Car nous vivons une époque de grand vide intellectuel, et il est heureux que Michel Onfray avec ses écrits, avec ses provocations médiatiques aussi, puisse sinon combler ce vide (il n’est assurément pas de la trempe d’un Sartre, d’un Foucault, d’un Bachelard, d’un Lévi-Strauss ou d’un Diderot...), du moins en faire voir l’étendue et la profondeur. La question n'est pas d'aimer ou de ne pas aimer Michel Onfray et ses livres. Elle est de savoir s'il est encore permis de penser dans ce pays qui revendique haut et fort la liberté de pensée. De ce point de vue, je trouve salutaire l'oeuvre de Michel Onfray. Je m’étais promis de lire Cosmos durant les vacances d'été. C’est pourquoi je ne dirai rien du dernier opus d’Onfray. Mais j'aurai l'occasion d'y revenir ultérieurement...

 

Pour terminer, qu’il me soit permis de faire observer que l’autobiographie chez Descartes n’est pas, « dans le Discours de la Méthode, un simple décor » (c’est faire ici un grave contresens). Il s’agit d’une biographie intellectuelle. Descartes, en parcourant le chemin parcouru (ses études, ses maîtres, ses voyages, ses opinions…), découvre qu’en dépit de toute la richesse de sa vie passée, il lui a toujours manqué quelque chose: la vérité dans la science et dans la philosophie. Ensuite, il reste confondu par la multiplicité et la diversité des opinions qu’on y trouve, et c’est pourquoi il se met en quête d’ "une méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences ". Cette reprise réflexive et critique de sa vie réelle et intellectuelle constitue ni plus ni moins la condition de possibilité, la genèse de l’oeuvre philosophique géniale qu'il va entreprendre. Jusqu'à preuve du contraire, au théâtre, c’est le metteur en scène qui décide du décor, et non le décor qui fait le metteur en scène….

 

1 André Comte-Sponville: Traité du désespoir et de la béatitude, Paris, 1984, éd. PUF/Perspectives critiques. Tome 1: Le mythe d'Icare, tome 2: Vivre

 

 

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jean-louis 22/08/2015 19:33

Je me souviens que Michel Onfray se réclamait facilement de Nietzsche au début de son université. Quel rapport maintenant ? C'est la moraline qui règne chez le premier (enfin l'éthique, ou la morale, mais quand on pense entièrement à partir de cela...)
Tout le monde ou presque comprend que la pensée du philosophe est essentiellement constituée de jugements de valeur (le plus souvent catégoriques) Mais les informations originales qui pouvaient servir de base de données autrefois tendent à disparaître. Il ne reste pas grand chose..

À propos

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