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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

08 Dec

Sur la laïcité

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #POLITIQUE, #ETHIQUE

Sur la laïcité

"Ars longa vita brevis" (L'art est long, la vie est brève) . Sentence latine traduite du grec, en référence à une célèbre une parole du médecin Hippocrate pour nous prévenir contre les dangers de la précipitation en toutes choses. Plus modestement, je tiens à m'excuser auprès de mes lectrices et lecteurs de n'avoir -pour le moment - pas davantage de temps à consacrer à ce blog. Mais c'est promis, j'y reviendrai!

En attendant, je vous renvoie à l'excellent article de Jean Picq paru dans IPhilo et consacré à une présentation de la laïcité: Laïcité et liberté de religion (suivre le lien). Pour l'essentiel, je partage l'analyse de Jean Picq lorsqu'il s'agit de formuler l'esprit de la laïcité. En revanche, il n'est pas certain que l'on puisse abandonner la notion de combat qui, historiquement, a guidé les défenseurs de la laïcité. Le combat n'est pas nécessairement affaire de passions violentes et de haine de l'autre. Lorsqu'il se développe sous la conduite de la raison (arguments contre arguments), il se nomme un débat. Et si l'on retire à la laïcité cette dimension de combat qui fut historiquement sa raison d'être, que nous reste-t-il alors comme rempart contre les fanatismes religieux qui, aujourd'hui comme hier, tentent de briser le lien social dans notre pays comme partout en Europe?

 

D'où ma réponse à Jean Picq (mais il faut d'abord lire son article vraiment très intéressant):

 

Voici un excellent article qui ramène à l’essentiel. J’en apprécie le sens du détail et de la nuance sémantique ainsi que l’esprit de rigueur et d’humanisme qui le traverse sans cesse.

Néanmoins, et pour m’inscrire dans la continuité de la question posée par Anna92, est-il certain que nous puissions ne pas considérer la dimension polémique de la laïcité? Je n’en suis pas certain. D’ailleurs, vous-même recourez à ce type de formulations: « Un rempart pour se prémunir contre les excès des religions », un « défi », « défendre becs et ongles les exigences de la laïcité « … Or de telles expressions paraissent s’accorder assez difficilement avec la thèse d’une République laïque apaisée et apaisante que vous voulez soutenir: « La laïcité a pu être hier un instrument de combat contre les religions, elle ne devrait plus l’être aujourd’hui. L’homme est tout un. ».

Il me semble bien plutôt que l’idéal pacifique de la laïcité suppose justement un combat pour en assurer la préservation. François Bayrou disait que la laïcité c’est « lorsque la foi se soumet à la loi » (l’Etat de droit »). Catholique, laïc et républicain, il comprend clairement que si la liberté de conscience, d’expression et de liberté de religion est – et doit être – universellement reconnue et garantie, c’est parce que les clauses du contrat social doivent primer avant tout. C’est au citoyen qu’il est donné le droit de vivre avec ou sans religion, et non à l’homme religieux ou athée qu’il est permis d’être citoyen…

Enfin, face aux fanatismes de bords qui menacent le lien social, pourquoi faudrait-il se priver du rempart de la laïcité? Il faut donc dans un Etat bien ordonné que chacun trouve la liberté de penser sans aucune entrave, car il en va du bien de l'Etat.

 

Qu'il me soit permis de soumettre au jugement de mes lectrices et lecteurs ce court extrait de l'un de mes maîtres: « La raison du fondement de la démocratie est de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la Raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix ; ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule. Au seul souverain (ndlr: dans la démocratie, le peuple est souverain; personne n'est au-dessus des lois) donc il appartient d’y pourvoir ; aux sujets (ndlr: les citoyens soumis aux lois de l’Etat), il appartient d’obéir et d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit.» (Spinoza, Traité téologico-politique, chapitre XVI, édition Appuhn, G.F, p. 267).

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