" />
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

16 Oct

La fabrique industrielle du désir

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #POLITIQUE

Charlie Chaplin, Les Temps modernes, 1936

Charlie Chaplin, Les Temps modernes, 1936

Je suis encore sous le choc de la vive impression qu'a provoqué en moi la lecture de l'entretien que Bernard Stiegler [1] a accordé au psychanalyste et psychosociologue Franck Trommenschlager, et dont le titre est "Infantilisation des adultes, puérilisation des enfants", et dans lequel Bernard Stiegler dresse « le triste constat d'une société mentalement appauvrie".

Jugez plutôt. L’entretien commence par ces termes: «L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs.».

Dans cet entretien, Bernard Stiegler reconstitue le processus d’aliénation collective que le capitalisme a mis en place pour établir sa domination mondiale. Tout d’abord, il en relate les étapes historiques: l'essor du capitalisme industriel et financier, le taylorisme, le fordisme (que Charlot met en scène dans les «Temps modernes»), la production industrielle de masse, l'avènement de la société de consommation, la mondialisation... Puis il en exhibe les méthodes, notamment l’usage que la publicité fait de la psychanalyse pour manipuler l’inconscient des consommateurs. Enfin, il en dénonce les effets sociologiques et psychologiques désastreux: le creusement du fossé intergénérationnel, l’aliénation mentale programmée depuis l’enfance par la télévision et la publicité, les troubles psychologiques qui en résultent chez les enfants et chez les adultes.

Je ne développerai pas davantage mon propos, car je crois que l’important est que chacun se fasse sa propre opinion sur le sujet. Néanmoins, je tiens à souligner que si cet article m’a fortement interpelé, c’est parce qu’il confirme des impressions, des intuitions qui m’ont si souvent traversé l’esprit sans que je parvienne toujours à les coordonner, à les structurer avec suffisamment de précision pour pouvoir les penser clairement.

Comprendre la logique implacable de l'aliénation du désir mise en oeuvre par la publicité et le marketing, c'est peut-être se donner la chance de pouvoir s'en libérer...

 


[1] Bernard Stiegler : Philosophe, professeur et directeur de l’Institut de recherche d’innovation (IRI) du Centre Pompidou. Ses travaux portent sur les mutations industrielles et technologiques, notamment dans le domaine du numérique. Il a également été directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina). Il a récemment participé à la rédaction de l’ouvrage L’Ecole, le numérique et la société qui vient, avec Denis Kambouchner et Philippe Meirieu (Editions Mille et Une Nuits, Arthème Fayard, 2012).

 

Commenter cet article

PhilippineGehel 08/12/2014 18:54

Mais qui voilà ? Chaplin !!
"Comprendre la logique implacable de l'aliénation du désir mise en oeuvre par la publicité et le marketing, c'est peut-être se donner la chance de pouvoir s'en libérer..." dans notre monde actuel, c'est même vital de chercher à comprendre cette logique !
joli titre, by the way :)

À propos

Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.