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Mine de rien, ce blog se propose de développer une approche philosophique sur diverses questions, en prenant appui sur la philosophie bien entendu, mais aussi sur le cinéma, la littérature, les chansons, les arts martiaux, la politique, la morale... Parce que la philosophie s'intéresse à tout ce qui fait de nous des êtres humains, elle ne s'interdit aucune porte d'entrée.

17 Oct

Du pain et des roses

Publié par Daniel Guillon-Legeay  - Catégories :  #POLITIQUE

Du pain et des roses

Brève réponse à Annie Frémaux pour son excellent article paru dans IPhilo: Un bonheur sans croissance est-il possible ?

Comment être heureux sans croissance? Très bonne question en effet, et l’article d’Anne Frémaux pose très bien le problème de la décroissance comme nouveau paradigme possible pour l’avenir de l’humanité, comme alternative à celui de la croissance à tout prix et dans lequel les hommes politiques s’enferrent obstinément – et lamentablement, osons-le dire ! A toutes les choses excellentes qu’écrit Annie Frémaux, qu’il me soit permis d’ajouter une remarque en forme de question: comment pensez-vous qu’il soit possible de convaincre et les politiques et les opinions publiques que la décroissance n’est pas synonyme de régression morale ni d’appauvrissement économique?

Peut-être le temps est-il venu de ressaisir le bonheur comme une affaire d'ordre spirituel, et non plus seulement d'ordre matériel?

Marx disait que l'homme a besoin de pain et de roses aussi. Le pain, parce que la décroissance ne peut pas signifier le renoncement aux avancées techniques, lesquelles ont permis à une bonne partie de l'humanité de se délivrer des tourments du manque et des besoins vitaux (c'est en quoi la question intéresse tous les peuples, et pas seulement les nantis). Mais il est vrai aussi que ce développement économique et technologique ne pourra plus se poursuivre indéfiniment sur la même lancée sans virer tôt ou tard à la catastrophe écologique (c'est en quoi la question intéresse également tous les peuples, y compris les peuples les plus démunis). L'humanité va donc devoir puiser dans ses trésors d'ingéniosité pour concilier équilibre économique et équilibre écologique.

Des roses aussi, parce que l'esprit a besoin d'amour, de poésie, de vent, d'infini, de prière ("que des choses pas commerciales" comme dirait Alain Souchon Foule sentimentale). Lorsque Epicure - que Marx appréciait beaucoup - nous enseigne que le bonheur consiste à savoir se contenter de peu, dans le fait de ne pas manquer du nécessaire (ni pour le corps, ni pour l'esprit) et de savoir s'en réjouir, il nous ramène à l'esquisse d'une vie simple. Cette définition négative du bonheur (ne pas manquer d'eau, de pain, de médicaments, d'amis, de livres) peut sembler assez fruste, j'en conviens. Ce n'est peut-être pas le tout du bonheur. Mais assurément, il commence par là. Voilà sans doute ce qu'il ne faudrait jamais perdre de vue.

@iPhiloApp

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